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Facturation électronique professions de santé : guide 2026

5 minutes de lecture | Publié le 16/07/2026

La réforme de la facturation électronique entre en vigueur le 1er septembre 2026 et concerne l'ensemble des assujettis à la TVA établis en France. Les professions de santé s'estiment souvent à l'écart du dispositif, au motif que leurs actes de soins sont exonérés de TVA. Le droit fiscal réserve pourtant une subtilité : l'exonération s'applique à vos opérations, tandis que votre statut d'assujetti demeure. Médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, cliniques ou centres de santé sont donc bien concernés par la réforme, au minimum sur un point, et ce dès la rentrée. Dans cet article, nous détaillons ce qui reste hors du champ, ce qui devient obligatoire pour tous les cabinets au 1er septembre 2026 et ce qui attend les structures dont certains actes sont soumis à TVA.

La facturation électronique en bref

La réforme repose sur trois obligations distinctes, déployées progressivement auprès des assujettis à la TVA établis en France.

  1. La première porte sur la réception : à compter du 1er septembre 2026, tout assujetti doit être en capacité de recevoir des factures électroniques par l'intermédiaire d'une plateforme agréée (PA). Cette obligation s'applique dès la première échéance, quelle que soit la taille ou la forme juridique de la structure.
  2. La deuxième concerne l'émission, appelée e-invoicing : les factures adressées à des clients professionnels assujettis établis en France devront être émises au format électronique et transiter par une plateforme agréée.
  3. La troisième, le e-reporting : cette obligation consiste à transmettre à l'administration fiscale (la DGFiP) les données des transactions qui échappent à la facturation électronique, comme les ventes aux particuliers ou aux clients étrangers, ainsi que les données de paiement pour les prestations de services.

Le calendrier s'articule en deux temps :

 

Échéance

Obligations

1er septembre 2026

Réception des factures électroniques pour tous les assujettis. Émission et e-reporting pour les grandes entreprises et les ETI.

1er septembre 2027

Émission et e-reporting pour les PME, TPE et micro-entreprises.

Reste à situer votre activité dans ce dispositif, et la réponse tient à une notion fiscale précise : l'assujettissement.

Assujetti et exonéré à la fois : la situation fiscale des professions de santé

Les prestations de soins à la personne dispensées par les professions médicales et paramédicales réglementées bénéficient d'une exonération de TVA, prévue au 4 de l'article 261 du Code général des impôts. Vos consultations et vos actes à finalité thérapeutique ne supportent donc aucune TVA, et vous n'en collectez pas auprès de vos patients.

Cette exonération n'a en revanche aucun effet sur votre statut. En réalisant des prestations de services à titre onéreux dans le cadre d'une activité économique indépendante, un professionnel de santé, comme une structure de soins, répond à la définition de l'assujetti posée par l'article 256 A du CGI. La DGFiP le confirme dans sa FAQ : tous les assujettis établis en France sont concernés par la réforme, qu'ils soient redevables ou non de la taxe. Vous relevez ainsi de la catégorie des assujettis exonérés, une position intermédiaire qui allège considérablement vos obligations sans vous en dispenser totalement.

Les actes de soins exonérés restent hors de l'émission et du e-reporting

Pour vos opérations exonérées, le périmètre est clairement délimité par l'administration : seules les opérations dans le champ de la TVA et non exonérées au titre des articles 261 à 261 E du CGI relèvent de l'obligation de facturation électronique ou de transmission de données. Vos consultations, vos actes remboursés et plus largement l'ensemble de vos soins à finalité thérapeutique n'entraînent donc ni émission de facture électronique, ni e-reporting.

Concrètement, vos notes d'honoraires continueront d'être établies et remises à vos patients comme aujourd'hui. Vos flux de télétransmission à l'Assurance Maladie, dont les feuilles de soins électroniques, relèvent par ailleurs d'un circuit distinct que la réforme ne modifie pas.

Recevoir des factures électroniques : l'obligation de tous les cabinets dès le 1er septembre 2026

La DGFiP est explicite sur ce point : même un assujetti qui réalise exclusivement des opérations hors du champ du dispositif doit être en capacité de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs, et choisir une plateforme agréée à cet effet, à compter du 1er septembre 2026. L'administration cite d'ailleurs elle-même l'exemple du médecin généraliste ou de l'ostéopathe, qui devra avoir retenu sa plateforme à cette date pour recevoir les factures de ses fournisseurs d'énergie ou d'accès à internet.

Cette obligation répond à une logique simple. Dès septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI émettront l'ensemble de leurs factures au format électronique, et les PME suivront en 2027. Votre éditeur de logiciel métier, votre assureur en responsabilité civile professionnelle, votre bailleur, vos fournisseurs de matériel médical et de consommables cesseront ainsi progressivement de vous adresser des factures papier ou des PDF par e-mail, un simple PDF n'étant du reste pas une facture électronique au sens du dispositif. Sans plateforme agréée, votre cabinet se retrouverait dans l'incapacité de réceptionner ces factures dans les conditions prévues par la réforme.

Le choix de la plateforme reste entièrement libre : vous pouvez en retenir une ou plusieurs, et opter pour des plateformes différentes selon vos flux d'émission et de réception.

Actes soumis à TVA : émission de factures électroniques et e-reporting

Certains actes pratiqués par les professionnels de santé ne poursuivent pas de finalité thérapeutique et sont, à ce titre, soumis à la TVA.

La doctrine fiscale vise notamment la médecine esthétique non prise en charge par l'Assurance Maladie et les expertises médicales ; les structures de santé peuvent également facturer des prestations taxables comme la formation ou certaines mises à disposition de locaux ou de personnel. Pour ces opérations, les obligations d'émission et de e-reporting s'appliquent dans les conditions de droit commun, et le bénéfice de la franchise en base de TVA ne fait pas sortir ces opérations du dispositif.

Le régime de chaque opération dépend ensuite de la qualité du client, selon la même logique que pour toute entreprise. Une facture adressée à un professionnel assujetti établi en France relève de la facturation électronique et transite par votre plateforme agréée. Une facture adressée à un particulier fait l'objet d'un e-reporting, sous la forme d'un montant global des opérations transmis à l'administration. Enfin, s'agissant de prestations de services, un e-reporting de paiement intervient au moment de l'encaissement, sauf option pour la TVA d'après les débits.

Le calendrier d'entrée dans ces obligations dépend de la taille de votre structure : dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, catégories dont relèvent certains groupes de cliniques ou de laboratoires, et au plus tard le 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises, qui regroupent la grande majorité des cabinets libéraux.

Le tableau récapitulatif : qui est concerné par quoi ?

Votre situation

Recevoir des factures électroniques

Émettre des factures électroniques

E-reporting

Actes de soins exonérés (finalité thérapeutique, article 261 du CGI)

Oui

Non

Non

Actes taxables facturés à un professionnel assujetti établi en France

Oui

Oui

Non

Actes taxables facturés à un particulier

Oui

Non

Oui

 

La règle à retenir tient en une phrase : un assujetti, même intégralement exonéré, doit être en capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée au 1er septembre 2026 ; seuls les actes soumis à TVA déclenchent, en plus, l'émission et le e-reporting.

Comment Mooncard accompagne les professionnels de santé dans la facturation électronique

Si votre cabinet, votre centre de santé ou votre clinique est concerné, la préparation tient en deux décisions : choisir votre canal de réception, puis organiser le traitement des factures en interne. Mooncard vous propose deux voies d'accès à la réforme, selon votre situation :

Pour les structures qui n'ont pas encore de plateforme agréée, Mooncard en fournit une via son partenaire SuperPDP. Vous disposez ainsi d'un environnement conforme pour réceptionner vos factures fournisseurs, sans mener vous-même un processus de sélection et de contractualisation avec une plateforme.

Pour celles qui ont déjà retenu leur plateforme agréée, Mooncard se raccorde à celle-ci en solution compatible et récupère automatiquement vos factures d'achat dans votre espace habituel.

Dans les deux cas, la valeur dépasse la seule réception. Vos factures de loyer, de matériel médical, de consommables, de logiciel métier ou d'énergie arrivent dans une boîte de réception centralisée, puis Mooncard les route vers la bonne personne, praticien associé, office manager ou cabinet comptable, grâce à des circuits d'approbation adaptés à votre organisation.
La solution détecte les anomalies et les doublons, puis rapproche automatiquement chaque facture des dépenses par carte et des notes de frais correspondantes. Vos équipes administratives gagnent un temps précieux sur la gestion des achats, et vos praticiens consacrent le leur à leur cœur de métier : le soin.

L'échéance de septembre 2026 approche, mais elle se prépare sereinement avec le bon partenaire. Échangez avec un expert Mooncard pour anticiper le passage de votre cabinet ou de votre structure de santé à la facturation électronique !