CFO Radio x Mooncard : La fin des notes de frais

Carte de paiement d'entreprise : Mooncard présente sa solution sur CFO Radio

Alain Marty a reçu Tristan Leteurtre pour parler de Mooncard et de ses origines.

On parle aujourd’hui d’une solution magique pour gérer ses notes de frais ?

Oui absolument, magique, effectivement, notre invité du jour c’est Tristan Leteurtre, président de Mooncard. Bonjour Tristan.

Bonjour.

Alors vous êtes Norman d’origine, né dans le Calvados. Vous êtes ingénieur Centrale Paris, Cambridge, excusez du peu, c’est pas mal ! Et vous faites vos armes en dirigeant ni plus ni moins que le logiciel couteau suisse de tout passionné d’informatique, le génial VLC, la vidéo, le fameux cône orange et blanc. C’est une fierté.

Oui, c’est une fierté française. C’est le logiciel le plus téléchargé au monde.

C’est incroyable cette réussite !

Oui alors je ne suis pas seul, c’est le fruit de plusieurs centaines de personnes.

Oui mais c’est quand même assez fabuleux. En 2003 vous fondez ANEVIA, un éditeur de logiciel télécom qui a pour mission de réinventer l’expérience télé telle qu’on la connaît, votre marque de fabrique c’est quoi, c’est pas le “me too” mais c’est d’avoir toujours un coup d’avance ?

Alors en fait je me suis retrouvé dans l’entrepreneuriat un peu par hasard dans la lignée de VLC et puis j’ai pu quitter ça après effectivement.

Vous restez malgré tout à bord de ANEVIA mais vous quittez l’opérationnel en 2015 pour cette fois vous intéresser à la FinTech. Alors avant d’en venir à Mooncard précisément, pourquoi la FinTech ? Qu’est-ce qui vous a plu là dedans ?

Alors en fait en dirigeant les précédentes sociétés, j’ai eu un certain nombre de problèmes, j’étais alors dirigeant d’une petite PME d’une centaine de personnes, et le problème touchait tout ce qui tournait autour de l'expérience bancaire et des frais. Enfin voilà, personne n’est content de sa banque, et j’avais notamment beaucoup de commerciaux qui voyageaient beaucoup et le sujet des frais et des achats était très douloureux pour moi.

Et donc justement, Mooncard, votre dernier bébé, que vous créez en 2016 et dont vous commercialisez le produit un an plus tard, faut nous en dire un peu plus là, vous venez à peine de nous en parler, c’est quoi Mooncard ?

Alors en fait : aujourd’hui le processus des frais et des achats et encore très manuel puisque tous les mois vous avez des millions de salariés qui agrafent des tickets, qui remplissent des tableaux Excel. C’est un peu absurde en 2019 de continuer de faire ça, et donc on a voulu digitaliser tout cela, et fusionner le monde des cartes de paiement et des logiciels de note de frais pour former une solution unique qui fait gagner du temps à l’utilisateur et au directeur financier. C’est évidemment ça le plus important, et rassurer les dirigeants d’entreprise dans l’analyse et dans le contrôle de leurs dépenses.

Jean Philippe ?

Oui, j’ai vu que vous aviez fait deux levées de fonds, c’était pour financer quoi, la recherche, le développement ?

Alors on est dans un schéma type Start-up Scale up c’est-à-dire grandir le plus vite possible. On est sur un sujet qui n’attend que des solutions comme les nôtres, dans la FinTech, donc notre objectif au début ça a été d’investir dans le produit, pouvoir avoir tous les accords au niveau du paiement, du logiciel de comptabilité, et ensuite de déployer commercialement ce produit.

D’accord, et le contrôle de la société vous le conservez ? Comment ça se passe avec vos investisseurs ?

Oui alors on a eu au début ce que l’on appelle des business angels, des gens qui sont un peu fous et qui sont prêts à tout risquer dans de petites entreprises, et une fois que le produit a été commercialisé et a connu ses premiers succès, il s’agissait de démultiplier cette force de frappe, alors on a accueilli au capital du fond d’investissement, Aglaé venture du groupe LVMH et RAISE Venture qui est bien connue dans le monde des VC français et l’ensemble des fondateurs gardent effectivement la majorité.

Et vous avez combien ?

Au total 6 millions d’euros.

6 millions d’euros, Jean Philippe ?

Oui, combien de cartes ? j’ai vu que sur le chiffre d’affaires il n’y avait pas trop de communication encore, mais ca veut dire quoi ? Que vous gagnez beaucoup ou que vous en perdez beaucoup ?

Alors ca veut dire les deux en fait, le chiffre d'affaires bouge tous les mois et il grandit d’environ de 20% par mois donc c’est difficile de communiquer là-dessus. On a aujourd’hui 2000 clients, des PME, des ETI, des grands noms comme Vinci, Air France, Cora, et pleins de petites sociétés que l’on ne connaît pas forcément partout en France puisque c’est un sujet qui est universel et qui concerne tout le monde. Donc sur nos 2000 sociétés il y en a certaines qui ont déployé deux, trois, quatre, cinq cartes et puis il y en a d’autres qui en ont déployé plusieurs centaines.

D’accord, et vos objectifs dans trois - cinq ans ?

Alors l’objectif dans 3 ans : on est sur un marché où il y a 2 millions et demi de collaborateurs, on veut vraiment tuer les notes de frais, pas simplement les optimiser/ digitaliser mais on veut tuer le concept, et donc l’objectif c’est d’atteindre 200 000 utilisateurs à l’horizon de 3 ans.

Aujourd’hui il y en a combien au total ?

Aujourd’hui il y en a quelques dizaines de milliers

Comment se fait l’acquisition ? Moi je dirige une start-up de 8 personnes avec quelques notes de frais, bon pas des masses, mais comment se fait l’acquisition de vos clients parce que vous parlez de PME mais on voit bien que le développement en lui-même va se faire avec les grands groupes, comment ça va se faire ce grand écart entre une population PME et une population de plus grands comptes ?

Alors le sujet de l’acquisition est clé puisqu'on doit aller chercher et se faire connaître. On a à la fois des cannaux classiques, donc on a rien inventé, on a des canaux directs et indirects. Pour les canaux directs, c’est se faire connaître en allant parler aux direction générales et financières des sociétés, on produit pas mal de contenu aussi sur nos sujets, on est présents dans les médias dont les plus prestigieux comme CFO radio et on utilise tous les leviers du digital marketing comme les réseaux sociaux et tout cela. On a aussi les canaux indirects, avec les experts comptables, qui recommandent nos solutions, ça, ça concerne plutôt les sociétés plus petites on va dire, mais comme on est très forts en comptabilité, c’est un réseau qui nous aide beaucoup, et puis on a aussi certains réseaux bancaires qui commencent à nous recommander également et puis des intégrateurs. Enfin voilà, des gens qui poussent, et qui ont envie de digitaliser cette fonction.

Donc vous avez édité une application en SaaS si je comprends bien ?

C’est une carte de paiement MasterCard qui permet de payer partout, effectivement c’est un objet, et en plus de cette carte, il y a un logiciel SaaS qui s’adresse aux utilisateurs, une application pour les directeurs financiers, pour les managers et pour les utilisateurs.

Et ça coûte combien par exemple ?

C’est entre 10 et 15 euros par carte et par mois.

Donc il y a pas de variables, c’est du fixe ?

C’est du fixe, donc nous dans notre modèle économique on touche également une partie des frais de commissions mais ça, l’utilisateur ne le voit pas, c’est le modèle de toutes les banques, tout est inclus : le pré-remplissage, le droit sur les cartes. On a près de 45 paramètres pour piloter la carte ; c’est la carte la plus pilotable en France, pour rassurer quand même les entreprises, on parle d’argent donc il faut être sérieux, et puis ça inclut tous les processus comptables - l’intégration avec une quarantaine de logiciels comptables.

Jean-Yves ?

Ah moi je suis preneur, mais justement sur le financement du SaaS, comment est-ce que ça subvint à un consommateur de BFR une application en SaaS ?

Alors on n'avance pas forcément l’argent comme dans le modèle de beaucoup de sociétés FinTech, c’est-à-dire que la société aprovisionne un compte dédié sur lequel elle a toutes ses dépenses et l’ensemble des cartes vient débiter ce compte. Donc pour l’instant c’est la société qui finance, on ne fait pas de crédit aux entreprises.

La résonance est nationale aujourd’hui, l’idée c’est d’aller aussi en dehors de nos frontières où la problématique est différente ?

Alors, nous on a un axe qui est pour l’instant assez français, c’est-à-dire que l’on ne s’est pas exporté à l’international, la raison c’est qu'on a beaucoup intégré les problématiques des entreprises françaises, la comptabilité, hein, qui est quand même un sujet... Et puis une fois qu'on a fait la comptabilité française on sait faire la comptabilité du monde entier.

Combien de collaborateurs aujourd’hui ?

Alors aujourd’hui on est près de 40 collaborateurs.

D’accord, et c’était facile de trouver des talents, des collaborateurs, sympas, fidèles et pas chers ?

Eh bien écoutez …

Non parce que vous avez quand même des gens en face de vous qui veulent vous les piquer non ?

Non mais dans les profils de développement, évidemment c’est difficile, les commerciaux c’est difficile, et puis on est sur le marché des start-up hein donc il y a plein de start-up très talentueuses, très visibles qui s’arrachent les talents donc c’est un travail de tous les jours.

Et à titre personnel, selon vous Tristan, c’est quoi le plus beau métier du monde : c’est pianiste de jazz dans l’entreprise ou collaborateur de Lego ?

C’est CFO bien sûr. Mais sinon en deuxième c’est probablement pianiste de jazz.

Vous jouez un peu ?

Oui, oui mais pas suffisamment sinon j’en aurais fait ma carrière peut-être ?

Et côté voyage, vous avez un coup de coeur pour la Jordanie ?

Oui, oui c’est un pays où j’ai été il y a une dizaine d’années avec mon épouse et c’est un endroit que j'ai adoré parce que c’est à la fois chargé d’histoire avec tous ces monuments ; c’est un peu le berceau de l’humanité. Et puis c’est au centre des tensions des conflits actuels du Moyen-Orient donc ça couvre des périodes incroyables.

Vous avez couru combien de marathons ?

Un seul

D’accord, c’était en 2015 ?

C’était juste avant de créer Mooncard où j’avais mon poids le plus léger possible et la j’ai mon poids le plus important possible donc j’ai une courbe de croissance également …

C’était dans le sud ?

C’était Cannes-Nice, oui.

Et combien de temps vous avez mis ?

4h07

4h07 ? ce qui n’est pas si mal hein. Et alors côté vin, vous adorez le bon vin, ce qui est un peu antinomique avec les marathons d’ailleurS, mais pourquoi pas, et vos derniers coups de coeur, ils viennent de quelle région ?

Alors moi je suis assez fan du Rhône, c’est pour cela que j’aurais aimé participer à vôtre dernière soirée.

Et pour terminer vous êtes également associé et co-fondateur de Linke.

Alors là, on est sur un sujet qui n’a rien à voir, on est sur le gaspillage alimentaire. J’accompagne une jeune société qui s’occupe de gérer la problématique logistique dans le secteur alimentaire. Vous savez que les grands magasins sont incités à donner les surplus alimentaires. Vous avez évidemment des associations qui sont en recherche de ça, et vous avez un problème de logistique qui est que les camions des restos du coeur ou de la banque alimentaire qui ne sont pas nombreux ne peuvent pas passer tous les jours ce qui est problématique pour les produits périssables. Donc, c’est une application que vous téléchargez, et vous pouvez bénévolement transporter un sac entre le Monoprix du coin et l’association qui en a besoin.

Merci et bravo en tout cas. Merci Tristan. Fin de ce numéro CFO radio.

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