Du 24 au 26 novembre, le Salon des Maires 2026 réunit à Paris Expo Porte de Versailles les élus, agents et partenaires des collectivités, en même temps que le 108e Congrès des maires. Pour beaucoup d'équipes élues en mars dernier, ce sera le premier grand rendez-vous national du mandat, et il tombe en pleine discussion du budget 2027 de l'État. Contribution des collectivités, réforme du FCTVA, première clôture sous compte financier unique, nouvelles règles de la commande publique : les sujets financiers ne manqueront pas dans les allées comme dans les salles de conférence. Voici ceux à suivre de près, et ce qu'ils changent concrètement pour vos services.
Le Salon des Maires et des Collectivités Locales se tient chaque année aux côtés du Congrès de l'Association des maires de France (AMF). L'édition 2026 accompagne le 108e Congrès, placé sous le thème « Regagnons nos libertés », que l'AMF présente comme un appel au renforcement de la décentralisation et du principe de subsidiarité. Le Congrès est précédé le lundi 23 novembre par la Rencontre des élus d'Outre-mer, au Palais des congrès d'Issy-les-Moulineaux.
Le calendrier donne une couleur particulière à cette édition. Les maires et présidents d'intercommunalité élus en mars 2026 y viennent chercher des repères pour le mandat 2026-2032, au moment même où ils construisent leurs premiers budgets et leurs plans pluriannuels d'investissement. Les finances locales irriguent d'ailleurs le programme du Congrès, avec notamment un temps d'échange consacré aux marges financières des communes et intercommunalités le mercredi 25 novembre, et un débat intitulé « Finances : en finir avec les erreurs du passé » le jeudi 26 novembre au matin.
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté au Comité des finances locales le 30 septembre, sera au cœur des conversations. Dans sa version initiale, il demande aux collectivités un effort évalué à 5,5 milliards d'euros. Le président du Comité des finances locales l'estime plutôt autour de 7 milliards en y ajoutant la hausse des cotisations employeurs à la CNRACL, qui représente à elle seule 1,2 milliard d'euros en 2027.
Un point de vigilance s'impose avant d'entrer dans le détail : le texte est encore en discussion au Parlement. Les montants et les taux évoqués ci-dessous correspondent au projet du gouvernement et peuvent évoluer d'ici l'adoption définitive de la loi de finances, attendue en fin d'année. Pour le détail article par article, y compris les mesures propres aux SDIS, aux services de l'État et aux établissements de santé, vous pouvez consulter notre article sur les principales mesures du PLF 2027 pour les entités publiques.
Le PLF 2027 supprime le Dilico, le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales créé en 2025, et le remplace par une contribution progressive des collectivités locales à l'effort budgétaire (CPEB) de 2,5 milliards d'euros. Elle concernerait environ 40 % des communes, l'ensemble des EPCI à fiscalité propre hors Outre-mer et 60 % des départements. Pour le bloc communal, la contribution serait comprise entre 0,5 % et 2 % des recettes réelles de fonctionnement retraitées, et pourrait atteindre 3 % pour les 2 % de communes aux ressources les plus élevées.
La différence majeure avec le Dilico tient au fait que la CPEB ne donne lieu à aucun reversement. Les sommes prélevées au titre du Dilico en 2025 et 2026 restent remboursées, mais le projet étale ce reversement sur cinq ans au lieu de trois, ce qui retire environ 300 millions d'euros aux recettes locales en 2027.
La seconde mesure d'ampleur porte sur le fonds de compensation pour la TVA, qui rembourse aux collectivités une partie de la TVA payée sur leurs investissements. L'article 35 du PLF abaisse le taux de compensation de 16,404 % à 11,404 % pour la plupart des dépenses, tout en maintenant le taux actuel pour certains investissements de transition écologique et pour la voirie. Pour un million d'euros de dépenses éligibles touchées par la baisse, la compensation passerait ainsi de 164 040 € à 114 040 €.
⚠️ : À la date de rédaction de cet article, les députés ont supprimé cette baisse en séance le 19 octobre, après que la commission des finances a elle aussi écarté la CPEB et le rabot sur le FCTVA. La suite de la navette parlementaire, et notamment le passage au Sénat, dira ce qu'il reste de ces deux mesures.
En contrepartie, le gouvernement prévoit d'augmenter la dotation globale de fonctionnement de 150 millions d'euros, une hausse fléchée vers la péréquation (DSU et DSR). Le projet crée également une nouvelle dotation de 50 millions d'euros pour les communes rurales de faible densité. Pour les directions financières, le message reste celui d'une épargne sous tension et d'un financement de l'investissement à sécuriser dans les prospectives 2027-2030.
Le Salon des Maires 2026 sera aussi l'occasion de faire le point sur un chantier plus technique, mais tout aussi structurant. Depuis l'exercice 2026, le compte financier unique (CFU) remplace le compte administratif de l'ordonnateur et le compte de gestion du comptable public. Toutes les entités publiques locales sous instruction M57 ou M4 doivent produire un CFU sur leurs comptes 2026, que l'assemblée délibérante devra voter au plus tard le 30 juin 2027. La M57 est, de son côté, devenue le référentiel budgétaire et comptable de droit commun au 1er janvier 2026.
Concrètement, la première clôture sous CFU se prépare dès maintenant. Le document rapproche données d'exécution budgétaire et informations patrimoniales, ce qui suppose un travail plus étroit entre les services de la collectivité et le comptable public. Plus les dépenses de l'année sont tracées et rattachées au bon moment, moins la fin d'exercice réserve de surprises.
Les acheteurs publics arrivent au Salon avec plusieurs évolutions récentes à intégrer. Depuis le 1er avril 2026, le seuil de dispense de publicité et de mise en concurrence est passé de 40 000 € à 60 000 € HT pour les marchés de fournitures et de services, et le seuil de 100 000 € HT pour les marchés de travaux a été pérennisé. Les seuils européens de procédure formalisée ont, eux, légèrement baissé : 216 000 € HT pour les fournitures et services des collectivités territoriales sur 2026-2027. Pour le détail, vous pouvez consulter notre article sur les nouveaux seuils des marchés publics en 2026.
Depuis le 22 août 2026, l'article 35 de la loi Climat et Résilience impose par ailleurs à tous les marchés publics au moins un critère d'attribution tenant compte des caractéristiques environnementales de l'offre, ainsi qu'une clause environnementale dans les conditions d'exécution. Les conséquences pour les acheteurs sont détaillées dans notre article consacré à la loi Climat et Résilience et à la commande publique.
Dans un contexte budgétaire contraint, ces règles posent une question très opérationnelle : comment garder la maîtrise des nombreux achats de faible montant, qui pèsent peu individuellement mais mobilisent beaucoup de temps de traitement, sans perdre en traçabilité.
La carte achat répond précisément à cette question. Modalité d'exécution des marchés publics encadrée par le décret n° 2004-1144 du 26 octobre 2004, elle permet à des agents habilités de régler directement des fournisseurs titulaires d'un marché, dans les limites fixées par la collectivité (plafonds, catégories de dépenses, fournisseurs autorisés). Le paiement global intervient ensuite à partir d'un relevé d'opérations, ce qui réduit le nombre de mandats à émettre et raccourcit les délais de paiement des fournisseurs. Dans bien des situations, elle prend aussi le relais de la régie d'avances, comme nous le montrons dans notre article sur les cas où la carte achat remplace la régie.
Pour une commune ou un établissement public, l'intérêt dépasse le gain de temps. Chaque transaction est rattachée à un porteur, à un marché et à une ligne budgétaire, ce qui donne aux services financiers une vision en continu des dépenses engagées, utile aussi bien pour suivre l'exécution budgétaire que pour préparer la clôture. C'est tout l'objet de la conférence que Nicolas Serero, Directeur du Secteur Public de Mooncard, animera pendant le Salon, intitulée « Marchés publics : reprenez le contrôle sur vos dépenses avec la carte achat ».
Mooncard accompagne des collectivités et établissements publics dans la gestion de leurs dépenses, avec des solutions de carte achat et de cartes de paiement pensées pour les règles de la comptabilité publique.
Pendant les trois jours du Salon, notre équipe vous accueille dans le secteur Numérique & Connectivité pour échanger sur vos achats du quotidien, la prise en charge des frais de déplacement de vos agents ou encore le carburant de vos véhicules de service, à l'image du CHU de Strasbourg, qui équipe sa flotte de la Carte Mobilité. Ce sera aussi l'occasion de voir comment outiller vos services financiers face aux échéances de 2027.
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